Moctar OuaneAncien Premier ministre du Mali
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Paix et sécurité

Réunion ministérielle préparatoire de la Conférence sur la paix dans la région sahélo-saharienne

Bamako4 min de lecture

Mesdames, messieurs les ministres,

Mesdames, messieurs,

Mes premiers mots seront pour souhaiter, au nom du peuple et du gouvernement de la République du Mali, la plus chaleureuse des bienvenues à nos frères et sœurs d’Algérie, du Burkina Faso, de Libye, du Niger et du Tchad, et leur dire combien nous sommes honorés d’accueillir les représentants de pays frères et amis que l’histoire, la géographie et des valeurs de civilisation communes unissent au Mali.

Notre réunion d’aujourd’hui a été voulue comme préparatoire de la Conférence sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne initiée par le Président de la République du Mali, Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, pour poser les fondements d’un cadre de coopération destiné à préserver la paix, la sécurité et la stabilité et promouvoir le développement dans notre région.

C’est qu’en effet, l’initiative du Président Amadou Toumani TOURE porte d’abord témoignage de l’attachement de nos pays à la définition d’un champ de coopération politique et économique d’une exemplarité voulue. Cette initiative constitue, ensuite, l’expression d’une vision solidaire et ambitieuse de l’avenir de la région sahélo-saharienne.

Mesdames, messieurs les ministres,

Mesdames, messieurs,

De nombreuses menaces, quelquefois de type nouveau, affectent la sécurité des personnes et des biens dans l’espace sahélo-saharien, accentuant les difficultés que rencontrent déjà les Etats de la région dans leurs efforts de lutte contre la pauvreté.

Des réseaux criminels veulent continuer de tirer profit de cette situation, et s’organisent pour affronter les forces de sécurité de nos pays en vue de l’instauration d’un espace de non-droit propice à leurs activités illicites telles que le banditisme transfrontalier, le terrorisme, les trafics en tous genres y compris d’armes, de drogues et d’êtres humains.

Pour faire face à ces défis sécuritaires, qui vont au–delà des frontières nationales et qui menacent la sécurité collective, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, nous devons promouvoir une approche concertée et globale – c'est-à-dire une action collective résolue et efficace. Nous devons redoubler d’efforts pour faire de la région sahélo-saharienne un cadre de coopération exemplaire fondé sur une gestion politique concertée des problèmes liés à la sécurité de notre région. Certes, les efforts déjà déployés par nos pays dans le sens du renforcement de la coordination et de la coopération entre nos services ont contribué à la préservation de la stabilité et de la sécurité dans notre région. Mais, pour être pleinement efficace et durable, cette démarche gagnerait à être confortée par la promotion d’une véritable coopération régionale.

Dans cette perspective, il est essentiel que se développe entre nos pays une coopération multiforme traduisant l’expression concrète de leur solidarité agissante, gage, au demeurant, de leur autonomie collective.

Et, je souligne ici avec force : pour le Mali, notre action future, pour être constructive, fructueuse et durable, devrait reposer sur la définition d’objectifs précis à atteindre et la promotion d’actions concrètes à initier.

Mesdames, messieurs les ministres,

Mesdames, messieurs,

Redonner espoir et confiance aux populations de la région sahélo-saharienne et apporter des réponses appropriées à leurs attentes afin qu’elles puissent prendre une part active au développement de nos pays respectifs, tel est notre objectif commun, certes.

Seule une région débarrassée des crises et conflits dévastateurs sera en mesure de relever les autres défis comme la lutte contre la pauvreté, les pandémies, la famine, le sous-développement et offrir aux populations les moyens de leur plein épanouissement.

Dans cette perspective, la mobilisation des partenaires au développement est tout aussi nécessaire pour soutenir les efforts collectifs que déploient nos gouvernements pour réaliser des programmes couvrant des secteurs et des activités telles que l’agriculture, l’élevage, l’hydraulique, les transports, le commerce, la santé, l’éducation, la formation et l’emploi.

Notre tâche est loin d’être aisée au regard de l’ampleur et de la complexité des défis à relever. Mais, avec la volonté politique réaffirmée de nos gouvernements, nous demeurons convaincus que nos efforts seront couronnés de succès.

Nous devons, pour ce faire, au cours de nos travaux, faire preuve de clairvoyance et de détermination.

Il me plaît, à cet égard, de réitérer notre conviction profonde que la région sahélo-saharienne peut et doit constituer un cadre précieux de concertation et de coopération apte à prendre résolument en charge le destin commun de nos peuples.

Nos objectifs et notre action collective gagneraient, pour ce faire, à être bien structurés, notamment avec l’adoption, par la Conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra très prochainement à Bamako, d’une Déclaration sur la paix, la sécurité et le développement dans la région sahélo-saharienne assortie d’un Plan d’action.

De la sorte, nous serons en mesure de garantir à nos pays la maîtrise de leur destin et d’assurer à nos peuples les chances d’une vie plus prospère.

Tels sont mes chers collègues, brièvement exposés, quelques éléments de réflexion sur la situation dans notre sous-région et sur notre vision de la région sahélo-saharienne, son avenir et les perspectives de coopération qui s’offrent à nos pays et à nos peuples.

Je vous remercie de votre aimable attention./.