Moctar OuaneAncien Premier ministre du Mali
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Paix et sécurité

Situation sécuritaire et perspectives de développement des régions du Nord

Koulouba5 min de lecture

Messieurs les ministres,

Mesdames, Messieurs les ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales,

Mesdames, messieurs,

Je vous remercie de votre présence à cette réunion d’information initiée par le Gouvernement du Mali.

En compagnie de mon collègue de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, j’évoquerai, d’abord, la situation sécuritaire dans le nord de notre pays ; puis, subséquemment, j’indiquerai la vision du Gouvernement du Mali pour promouvoir la paix, la sécurité et le développement durables dans cette partie de notre territoire.

Mesdames, messieurs,

Les 13, 15 et 17 février 2009, se sont déroulées, à Tessalit et à Kidal, des cérémonies solennelles consacrant la cessation des hostilités qui avaient perturbé la paix et la sécurité dans le nord – est de notre pays entravant ainsi considérablement le processus de développement dans cette partie du territoire national.

Ce résultat, qui constitue une grande victoire du peuple malien, a été obtenu grâce à la volonté personnelle du Président de la République, Son Excellence Monsieur Amadou Toumani TOURE, aux efforts persévérants du Gouvernement, à l’implication constructive de bonnes volontés nationales et à l’engagement positif de pays frères et amis du Mali, en particulier de la République Algérienne Démocratique et Populaire et de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne Populaire et Socialiste.

Se trouvent ainsi créées les conditions de mise en œuvre de l’Accord d’Alger du 04 juillet 2006, des recommandations du Forum de Kidal des 23 et 24 mars 2007 et des projets et programmes de développement spécifiques, dont le Programme de développement de la région de Kidal (PDRK) et le Programme d’appui au développement des régions du Nord (ADERE Nord), toutes choses qui constituent les fondements d’une paix définitive et durable dans les régions du nord du Mali.

Le Gouvernement du Mali demeure convaincu que ces conditions permettent d’envisager la déclassification de la région de Kidal dans l’échelle des risques de sécurité établie par les Nations Unies.

Au demeurant, cette question a été examinée avec le Coordonnateur Résident du système des Nations Unies, qui va organiser, au plus tôt, une ré-évaluation de la situation sécuritaire dans la région de Kidal afin d’y permettre la relance des actions de développement.

Pour consolider l’important acquis ainsi réalisé, le Gouvernement, sur les instructions de Monsieur le Président de la République, s’emploie activement, d’une part, à la mise en place rapide des unités spéciales après le cantonnement des éléments de l’Alliance, et, d’autre part, à la mise en œuvre diligente des actions directement financées sur ressources propres ou sur des programmes existants déjà financés par les partenaires techniques et financiers ( PTF) et visant le renforcement de la cohésion sociale, des capacités en gouvernance de la paix et de la sécurité, de sécurisation des personnes, des biens et des investissements dans les régions du Nord du Mali.

Il va sans dire que ces actions favoriseront grandement la mise en œuvre ultérieure de programmes de développement de plus grande envergure.

Participe de la même dynamique, la détermination du Gouvernement du Mali à utiliser les ressources actuelles du Fonds spécial d’investissement, de développement et de réinsertion socio-économique, soit 1, 135 milliards FCFA, pour financer le plan d’action pour la réinsertion socio-économique des jeunes démobilisés. A cet égard, je voudrais indiquer que le groupe technique chargé du montage des dossiers de réinsertion est déjà à pied d’œuvre à Kidal. De même, l’Agence de développement du Nord (ADN), chargée de veiller à cette réinsertion a organisé, les 12 et 13 mars 2009, un atelier de validation du manuel de procédure de la mise en œuvre de la réinsertion.

S’agissant des infrastructures, je voudrais souligner que la réalisation de dix (10) projets jugés prioritaires par le Gouvernement du Mali, y compris les routes et les aéroports de Gao et Kidal, mérite qu’un ordre de priorité élevé y soit accordé par les partenaires techniques et financiers sollicités.

Mesdames, messieurs,

Le Forum de Kidal des 23 et 24 mars 2007 a ouvert des perspectives prometteuses pour le développement des régions du Nord avec l’adoption, à cette occasion, d’un Programme décennal de développement desdites régions assorti d’un plan d’actions prioritaires pour les périodes 2007-2011 et 2012-2016.

Le Gouvernement du Mali considère d’une ardente nécessité – et s’y emploie - à la mise en place d’un mécanisme de consultation efficace avec les partenaires techniques et financiers en vue de réaliser le consensus voulu sur la mise en œuvre d’un Programme considéré comme un puissant facteur de développement des régions de Tombouctou, Gao et Kidal.

C’est qu’en effet, il nous faut redoubler d’efforts en vue de l’approfondissement du processus de décentralisation dans lesdites régions à travers, notamment, le renforcement des capacités des acteurs, la mise en œuvre des processus de transfert de compétences et de ressources de l’Etat aux collectivités locales.

C’est de la sorte que nous pourrons apporter une réponse durable aux actions communautaires porteuses de développement fondées sur une approche participative et visant le renforcement de la cohésion sociale, la lutte contre la pauvreté, c'est-à-dire le développement humain, l’accès aux services sociaux de base (santé, éducation et eau) ainsi que le développement des infrastructures.

Certes, cela est de la responsabilité première du Gouvernement du Mali, qui sait pouvoir compter également sur l’appui et l’accompagnement de vos pays et organisations respectifs ainsi que sur votre engagement personnel, Mesdames et Messieurs les ambassadeurs et Représentants d’Organisations internationales.

Nous attendons avec intérêt de concrétiser tout cela avec vous lors de nos discussions futures. Nous devons agir, et agir vite.

Merci de votre aimable attention./.