“Where is Africa heading?” — Fondation Res Publica colloquium
« Où va l’Afrique ? » — colloque de la Fondation Res Publica
This speech was delivered in French. The original text is reproduced below.
Merci, Monsieur le Président.
Je voudrais dire tout le plaisir, et en même temps le grand honneur qui est le mien, de participer à ce vingtième colloque de la Fondation Res Publica sur le thème : « Où va l’Afrique ? »
Je souhaite avant tout remercier Monsieur le Président Jean-Pierre Chevènement pour son invitation et féliciter le conseil scientifique de la Fondation Res Publica d’avoir eu l’initiative d’organiser un tel colloque.
Monsieur Chevènement, avec sa rigueur habituelle et beaucoup d’à propos, a posé les questions essentielles qui sont, chacun en convient, d’ordre politique, économique et institutionnel. Engager une réflexion sur ces questions, qui reflètent, au demeurant, les défis auxquels l’Afrique est confrontée, n’est-ce pas tenter d’examiner comment il serait souhaitable d’y apporter des réponses adéquates ? Telle sera donc la perspective de cette réflexion à haute voix qui, si vous le permettez, s’articulera sur une conviction et quelques pistes de réflexion.
D’abord, la conviction. C’est pour souligner qu’une autre Afrique est possible, une Afrique nouvelle, consciente de ses atouts et de ses faiblesses et déterminée à s’extraire du carcan du sous-développement et de la marginalisation pour s’engager résolument dans la voie de la croissance et du développement durable. Participent de cette dynamique la création de l’Union africaine[1], l’adoption d’un Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et la mise en place d’un mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP). Ces initiatives m’apparaissent essentielles. Les perspectives positives qui en résultent ainsi que le fort potentiel de progrès durable s’appuyant sur l’initiative et la responsabilité propre des pays africains sont, en effet, encourageants et méritent, à mes yeux, d’être pleinement soutenus, contribuant ainsi à permettre à l’Afrique de prendre la place qui lui revient au sein de la communauté internationale.
Mais alors, que faire ?
Je crois qu’il faut, d’abord, comme l’a souligné tout - à -l’heure le Président Chevènement, s’intéresser davantage à l’Afrique. Et pas seulement à cause de ses ressources qui sont considérables, cela a été rappelé tout à l’heure : 10% des ressources minérales du monde, de l’or, du diamant, du fer, de l’aluminium, du cobalt et j’en passe. C’est aussi un tiers du capital hydroélectrique du monde. C’est également 10% des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel [je rappelle au passage que l’Angola a fourni en 2004 près de 10%des importations de pétrole des Etats-Unis]. Mais il y a aussi la population africaine dont le rythme de croissance est impressionnant, le Président Chevènement l’a rappelé : nous serons à peu près 1 milliard 500 millions en 2050 lorsqu’en Europe vous ne serez que 600 millions. On peut, en effet, se demander si, dans ce cas, l’Afrique se déverserait sur l’Europe ? Et pourquoi faudrait-il que ce fût sur l’Europe plutôt que sur le Moyen Orient ou l’Amérique ? J’ajouterais, pour ma part que se désintéresser de l’Afrique serait aussi une faute politique majeure pour l’Europe dont les pays pourraient alors en subir les effets boomerang, notamment en matière de santé, d’immigration (l’actualité brûlante nous renvoie régulièrement en écho les clichés de Ceuta et Melilla) ou sécuritaire avec la propagation de l’intégrisme islamiste (notamment à travers la bande sahélo-saharienne dont une bonne partie de mon pays, le Mali, pourrait constituer le ventre mou et occasionner ainsi le déferlement sur un certain nombre de pays jusques et y compris l’Europe !).
Mais, s’intéresser à l’Afrique, c’est aussi un devoir pour l’Occident qui, me semble-t-il, n’a jamais pris la mesure complète du tort causé à l’Afrique du fait de l’esclavage et du colonialisme…
Répondre à la question « où va l’Afrique ? », c’est, ensuite, fondamentalement, repenser la problématique du développement du continent.
Cette exigence repose sur l’idée que l’Afrique ne saurait, sans grand danger, rester isolée dans sa misère et que son décollage constitue, dès lors, une nécessité mondiale. S’il est vrai que, des décennies durant, les volumes de l’aide - tant publique que privée - ont été importants, il reste que la question se pose de savoir si les objectifs donnés à cette aide, les formes qu’elle a prises et les procédures qui l’ont régie jusqu’ici ont été ou non pertinents. On pourrait, à cet égard, se réjouir de l’adoption de la Déclaration dite de Paris sur la réforme et l’efficacité de l’aide aux termes de laquelle il apparaît clairement, comme l’a remarqué un observateur averti de ces questions, que, mieux orientée qu’elle ne l’est actuellement, l’aide peut jouer un rôle décisif par le desserrement de certains freins et l’encouragement d’axes de développement plus porteurs. Autrement dit, il doit aujourd’hui être acquis que la responsabilité première du développement de l’Afrique incombe aux Africains eux-mêmes et que, subséquemment, l’aide ne doit être qu’un appoint aux politiques locales, à la bonne gouvernance et aux efforts des populations concernées. C’est de la sorte, me semble-t-il, que l’on pourra donner une impulsion nouvelle à la lutte contre la pauvreté et pour une croissance économique durable en Afrique.
Permettez-moi, à cet égard, et comme m’y a invité du reste le Président Chevènement, de me référer à l’exemple de mon pays, le Mali, qui, comme vous le savez, est un pays sahélien confronté à des handicaps sérieux. Cependant, depuis quelques années, notre pays enregistre des progrès importants au triple plan politique, économique et social.
Au plan politique, le Mali consolide chaque jour davantage son modèle démocratique unanimement salué en Afrique et dans le monde. La stabilité économique et sociale ainsi que les avancées démocratiques ont favorisé le retour d’un climat de confiance et la mise en oeuvre de politiques de lutte contre la pauvreté. Le Mali s’est doté, à cet égard, d’un cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) qui fixe les orientations prioritaires de notre développement, notamment dans les secteurs sociaux - sécurité alimentaire, santé, assainissement - pour satisfaire au mieux les besoins fondamentaux de nos populations, et ce à travers la création d’un environnement propice à une croissance soutenue, le renforcement de la démocratie participative, la bonne gouvernance et l’Etat de droit. Au regard des résultats obtenus, le gouvernement malien achève d’élaborer, avec le concours de ses partenaires, un nouveau cadre stratégique dit de deuxième génération qui, outre les secteurs sociaux, prendra en compte les secteurs productifs que sont l’agriculture, l’industrie et le commerce. Dans le même ordre d’idées a été récemment adoptée une loi d’orientation agricole qui fait de l’agriculture le moteur de l’économie nationale afin de garantir l’autosuffisance alimentaire et assurer le bien-être des populations.
Prolongeant les efforts des pays africains, la communauté internationale, les Nations unies et les partenaires au développement, notamment l’Union européenne et le G8, devront engager plus de ressources en vue de la réalisation en Afrique des objectifs de développement pour le millénaire, notamment dans la lutte contre le VIH/sida, le paludisme et la tuberculose qui menacent le développement et la stabilité de nombreux Etats.
Dans le même ordre d’idées, devront aussi, me semble-t-il, être encouragés et soutenus la promotion des échanges et les investissements ainsi que l’ouverture des marchés, favorisant ainsi les perspectives d’un développement économique autocentré dans les pays d’Afrique.
C’est dire, Mesdames, Messieurs, qu’aujourd’hui plus que jamais, il importe de consolider la coopération internationale et le partenariat avec l’Afrique aux plans bilatéral et multilatéral.
Si une autre Afrique est possible, qui est en marche au demeurant, il faut, je le souligne avec force, pour y promouvoir le développement, œuvrer à préserver la sécurité. Pourtant, cette évidence ne paraît pas toujours être bien comprise par des partenaires bilatéraux et multilatéraux de l’Afrique dont les instruments de fourniture d’aide - que ce soit sous la forme de subventions, de prêts (y compris à des taux concessionnels), de dons, de facilités douanières ou fiscales – ont tous été conçus, semble-t-il, pour des opérations civiles et des temps de paix. Surviennent les crises et les conflits, et ces opérations s’arrêtent. Et l’on passe ainsi de la coopération au traitement des crises. Des initiatives comme la Facilité pour la paix de l’Union européenne contribuent à remédier à cette situation, et méritent de ce fait d’être amplifiées.
Comment ne pas rappeler aussi que la multiplicité et la persistance des conflits occasionnent l’instabilité politique, réduisent la croissance économique, détruisent les infrastructures, aggravant ainsi la pauvreté et la misère en Afrique ? Il est impératif, à cet égard, d’accorder un ordre de priorité élevé au renforcement de la gestion des conflits. C’est qu’en effet, l’objectif des pays africains de bâtir à l’intérieur comme à l’extérieur de chacun d’eux un cadre politique et économique viable fondé sur l’édification et la consolidation de l’Etat de droit, la promotion d’une véritable politique d’éducation et de santé, la lutte contre la pauvreté, bref l’objectif d’une bonne gouvernance, mérite d’être pleinement appuyé par la communauté internationale et les Nations unies.
Dans cette perspective, le renforcement des capacités locales de prévention des conflits me semble d’une ardente nécessité, notamment en fournissant l’appui nécessaire à des Organisations régionales comme la Cedeao[2] à travers la mise en œuvre de son mécanisme de prévention, de gestion et de règlement des conflits.
Il est tout aussi essentiel d’accompagner les efforts de développement des pays africains et d’appuyer le processus d’intégration. Le Mali a constamment plaidé pour cette approche durant son mandat au Conseil de sécurité (3), en particulier durant sa présidence de ce conseil en décembre 2001 en soulignant, s’agissant en l’occurrence de l’Afrique de l’Ouest, qu’une plus grande intégration sous-régionale doit demeurer un objectif clef pour les Nations Unies dans la recherche de solutions durables aux conflits de cette sous-région et aux souffrances qui en découlent pour ses populations. De même, il paraît utile de rationaliser les actions du Conseil de sécurité et des autres organes intergouvernementaux du système des Nations unies, notamment par l’établissement de mécanismes conjoints pour veiller à ce que l’action et les décisions de ces organes et du Conseil de sécurité soient complémentaires de celles des Organisations régionales et se renforcent mutuellement tout en respectant pleinement la portée de leurs mandats respectifs.
Je voudrais ici rendre un hommage mérité à Monsieur l’ambassadeur Alain Dejammet qui, durant sa présence parmi nous au Conseil et à sa suite, a permis d’apporter l’appui important de la France à cette approche.
Une autre urgence, pour l’avènement d’une Afrique nouvelle au diapason du monde moderne, c’est la question de l’éducation et de la formation. On le sait, la pénurie de ressources humaines compétentes est une menace bien plus grave que celle des ressources matérielles et financières. C’est pourquoi l’Afrique doit gagner le pari de l’éducation avec des politiques et des systèmes éducatifs adaptés aux réalités et aux besoins spécifiques de chaque pays. Avec des efforts renouvelés et une volonté politique soutenue accompagnée par une solidarité internationale effective, l’Afrique peut tendre vers la scolarisation primaire universelle en 2015, comme le préconise, du reste, l’un des objectifs de développement pour le millénaire.
L’Afrique devra aussi, en cette ère de mondialisation, accorder une importance toute particulière à la science et aux nouvelles technologies de l’information.
Mesdames, Messieurs, terminant comme j’ai commencé, je voudrais réitérer ma foi en l’Afrique, et dire ma confiance en la jeunesse africaine dont la vitalité, la créativité et l’engagement ont constitué, au demeurant, le thème de la 23ème Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement d’Afrique et de France qui s’est tenue au Mali en décembre 2005.
Je le répète : une autre Afrique est possible, qui est déjà en marche avec le nombre sans cesse croissant de pays africains engagés dans des processus démocratiques. Vous le savez, des élections régulières, libres et transparentes se multiplient sur le continent, la bonne gouvernance politique et économique, la promotion de l’Etat de droit et le respect des droits de l’homme sont aujourd’hui une réalité tangible dans de nombreux pays d’Afrique. C’est heureux, et il faut amplifier le mouvement.
Il ne me reste plus, Monsieur le Président, qu’à formuler un souhait : celui d’un vif succès du présent colloque afin que de nos débats se dégagent, pour l’Afrique, des raisons d’espérer et que, comme le proclame l’hymne national du Mali, « les cœurs vibrent de confiance ». Ce faisant, la Fondation Res Publica, là aussi, aura contribué à montrer la voie.
Je vous remercie de votre attention.
MOCTAR OUANE
Merci beaucoup, Monsieur le Président.
L’heure avance et je ne souhaite pas prolonger outre mesure ce débat si intéressant. Toutefois, je souhaiterais rebondir sur quelques questions qui ont été soulevées ici.
D’abord, celle du coton, qui est essentielle pour le Mali. L’importance stratégique de ce produit est, pour nous, fondamentale ; il représente plus du quart de nos recettes, plus de trois millions de Maliens en vivent et les effets induits sont importants pour notre développement économique et social : ils se traduisent par la viabilisation de routes, la construction d’écoles, de dispensaires. En même temps nous voyons que les subventions accordées à la culture du coton dans certains pays ont pour effet de ruiner les efforts de développement du nôtre. C’est pourquoi nous plaidons pour l’édiction de mesures adéquates pour compenser les pertes importantes de recettes des pays africains producteurs (Mali, Burkina, Bénin et Tchad) ou accompagner utilement et efficacement les mesures de restructuration de cette filière comme c’est le cas au Mali. Enfin, je pense aussi que, dans le cadre des discussions de l’OMC, il est important que ne soit pas occulté le caractère global de cette question, qui doit être aussi prise dans sa dimension de développement et pas seulement dans son aspect commercial.
Deuxième observation, qui concerne les relations Chine-Afrique : ces relations se développent. Nous sommes précisément à la veille d’un rendez-vous important. Je suis moi-même sur le chemin de Pékin où s’ouvrira, le 3 novembre prochain, le premier sommet Chine-Afrique, premier forum de coopération puisque, au-delà des relations anciennes que la Chine entretient avec l’Afrique - le Mali, en particulier, a des relations privilégiées avec la Chine - il se trouve qu’aujourd’hui la Chine a diversifié son réseau en Afrique et que, sur le plan bilatéral, elle entretient des relations importantes avec beaucoup de pays africains. Ce que nous voulons maintenant, au-delà des aspects soulevés par Monsieur Jacquet, c’est dessiner une perspective plus structurée correspondant mieux aux intérêts des uns et des autres. Nous voulons nous engager dans un véritable partenariat, qui soit profitable aux uns et aux autres, et je pense que ce forum permettra précisément de dessiner les contours d’une telle perspective.
Sur l’immigration, je voudrais souligner que c’est pour nous une question centrale, non seulement parce que beaucoup de nos compatriotes vivent ici, mais aussi parce que les transferts d’argent de nos immigrés sont beaucoup plus importants en volume que ce que nous recevons en termes d’aide publique au développement. Il faut dépasser l’approche purement sécuritaire de la question de l’immigration pour l’envisager dans une perspective dynamique, plus constructive celle du développement. C’est pourquoi, je suis heureux de mentionner ici l’expérience utile et efficace que nous menons avec la France dans le cadre du co-développement. Elle fonctionne de façon satisfaisante et a trouvé un écho favorable dans le cadre multilatéral du dialogue euro-africain sur cette question, voulu par les Africains dans le cadre de l’Union africaine, comme au travers du dialogue entamé à Rabat pour essayer de voir dans quelle mesure précisément on peut, là aussi, avoir une dynamique, une vision globale, intégrée, de la question de l’immigration et du développement. La réunion de Rabat a eu lieu au mois d’août dernier et nous avons reçu récemment au Mali une délégation de l’Union européenne venue engager avec nous des consultations pour que nous puissions promouvoir cette approche. C’est pourquoi nous allons prochainement, dans le cadre de la programmation du 10e FED, faire en sorte que des programmes importants concernant l’immigration soient financés dans le cadre de la tranche incitative que nous recevrons de la part de l’Union européenne.
Concernant l’intégration africaine, j’ai entendu une réflexion un peu sévère de Monsieur Jacquet, disant que ça ne marchait pas trop bien. Je pense qu’aujourd’hui la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest) peut être considérée comme un modèle d’intégration vraiment réussi et dynamique. Je crois nécessaire de mentionner et d’encourager ses efforts.
Je termine sur quelques réflexions faites par ma sœur (comme on dit chez nous en Afrique) Calixte Beyala. Qui aime bien châtie bien, dit l’adage : c’est comme ça que je prendrai ses propos, notamment quand elle dit que l’Union africaine ne marche pas. L’Union africaine marche ; le constat est évident pour tous que l’Afrique n’est plus en crise, ou plus exactement, comme l’a rappelé Monsieur Belliard, elle ne se définit plus par ses conflits. Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de conflits ouverts en Afrique et cela est à mettre au crédit des Africains et en particulier de l’Union africaine avec la mise en place d’un Conseil de paix et de sécurité permettant aux Africains de régler leurs problèmes eux-mêmes. Ce sont aussi tous les progrès, certes timides mais réels, qu’il faut mettre au crédit des efforts des pays au plan national mais aussi de l’action constructive des communautés économiques régionales comme la Cedeao qui dispose d’un mécanisme de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité.
Vous appelez de vos vœux des dirigeants qui aient une vision. Je vous rappelle qu’en juillet 2004, l’Union africaine s’est dotée d’une Vision qui est celle d’un panafricanisme rénové sous-tendu par un développement durable, le renforcement du rôle de l’Etat, la consolidation du leadership de l’Union africaine en matière de promotion de la paix et de la sécurité sur le continent, une participation active des populations (femmes, jeunesse, société civile, secteur privé, diaspora) au processus d’intégration politique et socio-économique du continent.
Cette vision doit aboutir à l’instauration d’une Afrique en paix, intégrée et prospère, jouant un rôle dynamique au sein de la communauté internationale
Vous avez aussi évoqué le problème des langues nationales. Je crois que, là aussi, vous avez été un peu sévère parce que cette question est au centre des préoccupations des Africains. On espère d’ici la fin de l’année pouvoir inaugurer le siège de l’Académie africaine des langues (Acalan) à Bamako, et je rappelle que dans les programmes relatifs à la décennie de l’éducation en Afrique, le problème des langues nationales tient une place importante. De même, je rappelle que lors des rencontres de l’Union africaine, de plus en plus de délégations s’expriment en Swahili, notamment.
Un dernier mot sur la bonne gouvernance. C’est pour rappeler que la bonne gouvernance c’est autre chose qu’un problème de gestion : c’est un état d’esprit, ce sont des institutions, c’est une pratique. C’est le dynamisme de la nouvelle Afrique, la dynamique du développement. Ce n’est pas une sorte de justification devant les partenaires. Et, comme je l’ai souligné, le développement de l’Afrique, c’est d’abord la responsabilité première des Africains eux-mêmes.
Voilà les quelques précisions que je souhaitais apporter dans le cadre d’un débat si stimulant et auquel je suis heureux d’avoir pu contribuer modestement. Encore une fois, je vous remercie beaucoup, Monsieur le Président, de m’avoir offert cette opportunité.
[1] Union africaine (African Union, AU). Siège : Addis Abeba (Éthiopie). Création : 26-5-2001 après ratification par 2/3 de ses 53 m. de la dissolution, le 25-5-2001, de l’Organisation de l'Unité Africaine. Origine : 25-5-1963 Conférence d'Addis Abeba, 32 chefs d'État africains signent la charte créant l'OUA. 53 des 54 États africains en sont membres Le Maroc s'est retiré en 1985 car l'OUA avait admis en 1982 le Sahara occidental. 1999 : sommet extraordinaire de l'OUA, création de l'Union africaine, proclamée au sommet de Lusaka, juillet 2001 et lancée au sommet de Durban (Afr. du S), juillet 2002. Adoption de la Nouvelle initiative africaine (Nia) qui deviendra plus tard le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad), issu de la fusion entre le Partenariat du millénaire pour le programme de redressement en Afrique (Millenium Partnership for the African Recovery Programme, MAP) et le plan Oméga. Programme d'action permettant d'atteindre rapidement et efficacement les objectifs majeurs de l'Union africaine. 1/2-3-2001 sommet de Syrte (Libye) les chefs d'État créent l'Union africaine. But : unifier les 53 États m. politiquement, socialement et économiquement en prenant modèle sur l'Union européenne. Mars 2004 constitution d'un parlement panafricain consultatif (siège 2 fois par an). Création prévue d'une communauté économique, d'une banque centrale et d'une cour de justice
[2] Cedeao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest). Création : 28-5-1975 entrée en vigueur du traité : mars 1977. Siège : Abuja (Nigeria). Membres : Bénin, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Fonds de coopération, de compensation et de développement.
(3) Le Mali a été membre non permanent du Conseil de Sécurité pendant le biennum 2000-2001, A son initiative et sous sa présidence, s’est tenue, le 07 septembre 2000, pour la deuxième fois dans l’ histoire, une réunion du Conseil de sécurité au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement sur le thème « Assurer au Conseil de sécurité un rôle effectif dans le maintien de la paix et la sécurité , particulièrement en Afrique ».